magyar táncok

by Eszter Salamon


p h o t o ° Calamosca








S Y N O P S I S e n g l i s h



In Magyar Tàncok, Eszter Salamon, choreographer and dancer from Hungary, examines the origins of her dance. From today’s perspective she scrutinizes the traditional Hungarian dances that she learned as a child as well as the classical and contemporary dance techniques she later acquired, and, focusing on their representation, confronts them with each other.







p h o t o ° eszter salamon by erzsébet salamon










L I B E R A T I O N / f r a n ç a i s



Magyar Tàncok d'Eszter Salamon
Danse. Trois spectacles témoignent de la vitalité rhodanienne.



De New York à la Hongrie, Lyon de tous les tempos
Par Marie-Christine VERNAY



Lyon compte sur ses institutions, Opéra, Maison de la danse et désormais Subsistances. Cela n'empêche pas la ville d'avoir des accès de fièvre créatrice. C'est le cas en ce moment. Les propositions les plus diverses, et pas forcément locales, se télescopent sur les scènes officielles. Cela va du programme le plus «historique» et branché made in USA présenté à l'Opéra, à l'Amérique du Sud (avec une Brésilienne à la Maison de la danse) en passant par la tradition hongroise à la Villa Gillet dans le cadre du festival «les Intranquilles» : Lyon demeure une des villes-phares pour la danse.

Elan de liberté. Le bonheur, ce fut la recréation de Set and Reset, de l'Américaine Trisha Brown. Ce n'est pas la première fois que la grande prêtresse de la post-modern new-yorkaise est invitée à Lyon. Sans doute est-ce pour cela que la compagnie se saisit sans trop d'hésitation de la technique, mais aussi _ l'un n'allant pas sans l'autre _ de l'esprit d'une des pionnières de la libération de la danse.
Set and Reset, créé en 1983, est désormais une référence ; un élan de liberté qui perdure et donne encore bien des leçons à ceux qui abordent la scène avec candeur. La version 2005, Set and Reset and Set, se présente dans les costumes d'Adeline André, styliste qui a eu la lourde tâche de jouer sur les transparences: ne pas trop en faire dans la pudibonderie, ni dans la nudité. La chorégraphie est ici écrite principalement dans les marges, pour mieux évider le centre référent, donner les impulsions aux entrées et aux sorties. Tenues, décor, mise en scène (Shelley Senter) et musique (Laurie Anderson) participent au même projet : libérer le corps de ses conditionnements réflexes. Les portés, les petits coups de hanche pour démarrer le mouvement, les regards : tout est conçu pour le plaisir de la danse.

Têtue. Plaisir aussi avec Magyar Tàncok, d'Eszter Salamon. On connaît l'interprète d'origine hongroise, tout à la fois sévère, têtue et audacieuse, de Mathilde Monnier ou de Xavier Le Roy. On ne l'avait jamais vue dans son «contexte» originel. Sur la scène de la Villa Gillet, elle convoque ces mouvements qui l'ont animée lorsque, fillette, puis adolescente, elle fut emportée par ce que l'on a coutume d'appeler la danse traditionnelle, ou folklorique.

La richesse du répertoire hongrois ne pouvait que l'inciter à développer chaque phrase chorégraphique, y compris lorsqu'elle n'était pas interprétée par des femmes. La prouesse masculine ne la rebute nullement, au contraire. En France (hormis quelques Basques, Corses ou Bretons), peu se sont penchés sur la tradition populaire. Mais, aujourd'hui, bien des artistes, qu'ils viennent de l'Est ou d'Afrique, se posent la question de l'héritage, sans forcément opposer tradition et modernité _ débat stérile. Puisant dans les coutumes villageoises, comme chez les contemporains, c'est le cas d'Eszter Salamon, dont la conférence dansée, avec sa mère, son frère et des musiciens cousins, constitue le premier volet d'un diptyque sur la famille réelle et imaginaire. A suivre.

Breloques. A suivre aussi Marcia Milhazes, Brésilienne qui a offert un trio dans le cadre de l'année du Brésil à la Maison de la danse. Emportée par mille valses de pays différents, Tempo de Verao donne le tournis. Deux filles et un garçon se cherchent, se retrouvent pour des transports amoureux. Sous le lustre impressionnant de breloques qui tient lieu de décor, ils se livrent à toutes sortes de valses : sautées ou marquées, tournoyantes ou en face-à-face. Frais et joyeux, sans prétention.








p h o t o ° eszter salamon by erzsébet salamon / workshop in Sàrospatak ° Hungary 1979










LES INTRANQUILLES / f r a n ç a i s



Magyar Tàncok d'Eszter Salamon

Ouverture du Festival Les Intranquilles ° Soirée « Feux de famille »



Quoi ? Les Intranquilles se lanceraient dans la danse folklorique ?
Oui… mais non ! Dans « Magyar Tàncok », Eszter Salamon, brillante chorégraphe et danseuse contemporaine d’origine hongroise, invite sa mère qui lui a enseigné la danse traditionnelle et certains membres de sa communauté villageoise, à venir relire et interroger la danse qu’elle invente aujourd’hui à la lumière de ce qu’ils ont partagé dans son enfance.


Bien sûr, il ne s’agit pas d’un spectacle folklorique, mais du questionnement d’une chorégraphe contemporaine sur les origines de sa danse, et en particulier sur des techniques d’improvisations spécifiques, apprises dans l’enfance. Transposées dans son propre travail, elles lui ont permis d’accéder à une créativité des plus singulières, en interrogeant les imbrications entre la pratique de la danse et ses formes de représentation. Eszter Salamon, a pratiqué de 5 à 20 ans la danse traditionnelle hongroise avant de l’abandonner pendant quinze années. Elle était l’interprète reconnue de créateurs importants de la danse contemporaine comme Mathilde Monnier ou François Verret et en tant que chorégraphe, elle signe le solo « What a body you have, honey », puis avec Xavier le Roy, « Giszelle ».

En 2004 Eszter Salamon, “Artist-in-Residence” au Podewil-Berlin crée « Reproduction ». Elle est aussi lauréate de la bourse Villa Médicis Hors les Murs. Il y a quelques mois, à l’occasion d’un retour dans sa famille, elle a renoué avec la danse traditionnelle, véritable héritage familial, en compagnie de sa mère et de plusieurs danseurs et musiciens. Cette récente redécouverte a suscité chez elle le désir de créer un diptyque au sujet de l’identité et de la famille créé en plusieurs étapes sur deux ans. Lors du second volet, Eszter Salamon invitera à travailler avec elle des pepersonnes portant le même nom qu’elle afin de tenter de constituer sa famille imaginaire.








p h o t o ° eszter salamon by erzsébet salamon / workshop in Sàrospatak ° Hungary 1979










p r o j e c t s
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