What
a body you have, honey is made after a reflection on the representations
of the female body. During the piece the performer’s body is
almost all the time covered, or with the back to the public, and never
looks at the audience. It is a long transition, which never produce
or propose a fixed identity or image of the body. Some investigations
of the body produce simulacra and fake images in order to challenge
the perceptions of the dancing body and to question what’s there
between the "really present"
and the "really seen".
"(...) always late (...) the intermittence of her body (...) lives in the
permanent
risk and the misfortune to mistake about
its belonging (...), maybe it's not hers, (...) and often (...) the one from
others (...). This risk is an hesitation without
end, and a repeated try to cut short to the hesitation, questions without
respite: where this body, where to put it ?
(...) A being beside oneself from time relation, leaving trails, traces and
symptoms, in the visible. (...) Something future
affecting the representation in which the subject (...) self determine its power
(...), an uncertain and changing course of events." Georges
Didi-Huberman
S Y N O P S I S f
r a n ç a i s
What
a body you have, honey est née d’une réflexion
autour de la question de la représentation du corps féminin.
Pendant la pièce la danseuse est toujours couverte, ou de dos
au public, et ne regarde jamais les spectateurs. Le solo est une longue
transitions, qui ne propose pas d’identité ou d’image
fixe du coprs présent sur scène. Certains investigations
du corps produisent du simulacre et des images fraudeuluses du corps
afin de défier la perception du corps dansant et pour questionner
ce qui est entre le «
réellement présent » et le « réellement
vu ».
(...) toujours en retard (...) l'intermittence de son corps, (...) vit dans le
risque et le malheur de se tromper
constamment sur son appartenance. (...) Il n'est peut être pas le sien,
(...) et
souvent (...) corps d'autrui (...) ce risque
est une hésitation sans fin, et une tentative répétée
de couper court á
l'hésitation, un questionnement sans relâche
(...): où se corps, où le mettre ? (...) un hors de soi du rapport
au temps, ce
hors de soi laissant sillages, traces et
symptômes, dans le visible.
(...) Quelque chose du futur qui affecte la représentation et dans lequel
le
sujet (...) autodétermine son pouvoir, (...)
un cours incertain et changeant des événements. Georges Didi-Huberman
E X P O S E d e u
t s c h
Das
Solo What a body you have, honey beruht auf der Reflexion über
die Repräsentationen des weiblichen Körpers. Der Körper
der Performerin ist fast die ganze Zeit bedeckt oder agiert mit dem
Rücken zum Publikum. Es ist ein langer Weg, der nie eine fixierte
Identität oder ein Bild des Körpers produziert oder vorschlägt.
Einige Körpererfindungen erzeugen Simulacren und Täuschungsbilder
um die Wahrnehmung des tanzenden Körpers herauszufordern und zu
fragen, was da ist zwischen dem real Anwesenden und dem real Gesehenen. Georges
Didi-Huberman
p h o t o ° Katrin Schoof
V
I C E et V E R S A / f r a n ç a
i s
Vice
et versa sur fond blanc ou de l'esthétique du mollusque
"
What a body you have, honey " d'Eszter Salamon
Le
solo d'Eszter Salamon semble lui aussi au départ un avatar tardif
du minimalisme et de la déconstruction. D'une couette blanche sur
fond blanc (le reste du décor est vide), déjà là
sur scène à l'entrée du public dans la salle, sort
une espèce de bonhomme de neige molletonné, évidemment
asexué mais qui plus est sans face ni pile, le personnage passant
de l'un à l'autre en les utilisant - agilement - identiquement,
les gestes des deux cotés du corps similaires, tout autre signe
distinctif de l'envers et de l'endroit étant enfoui dans le molletonné
entourant le corps de la danseuse.
Tout
ceci - démontré très lentement sur fond d'absolu silence
- serait un peu lassant, exemple de cette frustration conceptuelle que
l'on connaît plutôt bien dans ses parages, si soudain il ne
se passait quelque chose de plus, une nouvelle dimension. Le bonhomme retourne
lentement dans la couverture, sous laquelle il se glisse (par quel coté -
de face ou de dos - est peu clair et donc drôle) et à la suite
de gestes bizarres et fort lents sous la couverture avec qui il se déplace
sur le sol, il perd peu à peu des morceaux de sa carapace de bonhomme
de neige, d'abord le haut, ensuite le bas. Et quelle subtile et hilarante
idée pour continuer la déconstruction anthropocentrique et
morphique qui a lieu dans la danse contemporaine que d'ainsi transformer
le soliste en mollusque !
Le
reste du spectacle est une variation de ce thème. Enfouie dans sa
couverture, la danseuse esquissent des gestes de mollusque. Ramassant la
couette autour d'elle on voit apparaître un cercle mou au milieu
de l'informe et on imagine par exemple l'immense bouche d'une méduse.
Nouvelle étape de la dénudation. Le corps de la danseuse
s'extraie de sous la couverture. Apparaît le plus humain : une main,
toute rose après toute cette blancheur ! Et l'épreuve de
la confrontation avec l'anthropomorphisme du corps humain de la danseuse
est remportée brillamment. Mains et pieds roses deviennent extrémités
de la chose qui désormais se meut sur scène.
Le
crâne et le visage (d'où ne dépasse plus alors que
l'orifice de la bouche…), il est vrai recouverts en partie d'une
perruque qui la " dénature " un peu, lui donne des airs
de couteau de plage, poilus… Mais le mouvement de travers et la posture à
l'envers (de dos) de la danseuse évoque comme une espèce
de crabe désopilant, aux membres se mouvant aléatoirement
au contact d'une mer invisible.
Dernière étape,
la " chose " se déshabille complètement (ne reste
que la perruque) et l'on se demande comment la danseuse va pouvoir s'échapper à cette
détermination très forte de la nudité féminine.
Et pourtant elle y parvient en cassant de nouveau le sens de l'envers et
l'endroit en faisant sur l'envers de son corps des gestes et des poses
de l'endroit (posture des bras et de la tête). Ce qui est plus proprement
humain, mais si démonté ! - l'est-ce vraiment ? Dernière étape,
la chose retourne sous sa protection, sa carapace de couverture sur laquelle
elle a rassemblé toutes ses différentes peaux perdus lors
de ses successives mues. Après quelques gestes, elle retourne la
couverture de dessous laquelle elle se trouve et " avale " ainsi
à l'intérieur de cette membrane les " peaux " qui
se trouvaient à l'extérieur, dessus. Elle renverse le rapport
envers/ endroit. Et lentement, encore très lentement, elle quitte
ainsi en portant cette couverture pleine, la scène vide. Chris
Mag