giszelle

by Eszter Salamon in collaboration with Xavier Le Roy


p h o t o ° Katrin Schoof









S Y N O P S I S e n g l i s h



"When I dream, my body is the site, not only of the dream, but also of the dreaming and of the dreamer. In other words, in this case or in this language, I cannot separate subject from object, much less from the acts of perception. I have become interested in languages which I cannot make up, which I cannot create or even create in : I have become interested in languages which I can only come upon, a pirate upon buried treasure.

The dreamer, the dreaming, the dream.
I call these languages, languages of the body. There are, I suspect, a plurality or more of such languages. One such is the language that move through me or in me or... for I cannot separate language body and identity..."

Kathy Acker
p h o t o ° Katrin Schoof










S Y N O P S I S f r a n ç a i s



"Quand je rêve, mon corps est le lieu non seulement du rêve, mais aussi de l’action de rêver et du rêveur. En d’autres termes, dans ce cas ou ce langage, je ne peux pas séparer le sujet de l’objet - beaucoup moins que je ne le fais dans les actes de la perception. J’ai commencé à m’intéresser aux langages que je ne peux pas "fabriquer", que je ne peux pas créer ou dans la création desquels je ne peux même pas être impliquée: j’ai commencé à m’intéresser aux langages que je ne peux que rencontrer par hasard, comme un pirate tombe sur un trésor enfoui.

Le rêveur, l’action de rêver, le rêve.
J’appel ces langages langages du corps. Il y a, j’imagine, une multiplicité ou plus encore de langages de cette sorte. L’un d’eux est le langage qui me traverse ou bouge en moi ou ... car je ne peux pas séparer le langage du corps et de l’identité...".

Kathy Acker
p h o t o ° Katrin Schoof










E X P O S E d e u t s c h



Exposé..."Wenn ich träume, ist mein Körper nicht nur der Ort des Traums, sondern auch des Träumeens und der Träumerin. ...Mich interessieren Sprachen, die ich nicht erfinden, nicht selber erschaffen kann, in denen ich nicht einmal etwas erschaffen kann ... Die Träumerin, das Träumen, der Traum. Ich nenne diese Sprachen Sprachen des Körpers. Es gibt, so vermute ich, eine Vielzahl solcher Sprachen. Eine davon ist die Sprache, die sich durch mich oder in mir bewegt, ... denn ich kann Sprache, Körper und Identität nicht trennen..."
Kathy Acker
p h o t o ° Katrin Schoof








p h o t o ° Katrin Schoof










L I B E R A T I O N / f r a n ç a i s

15 mai 2002



Une chorégraphie La face cachée de «Giszelle»
Une chorégraphie de XAVIER LE ROY interprétée par ESZTER SALAMON



[...] Depuis, qu'il s'agisse du projet E.X.T.E.N.S.I.O.N.S. - sorte de laboratoire nomade sur lequel se greffent des artistes, des producteurs, des scientifiques -, ou de spectacles plus récents, Xavier Le Roy, artiste en résidence au Podewil, un théâtre et une maison de production à Berlin, ne cesse d'interroger le corps et ses représentations. Dans Self-Unfinished, un autre solo de 1998, il opérait des mues comme pour se débarrasser d'une enveloppe charnelle trop encombrante.

Solo. Giszelle marque encore une étape dans cette recherche d'un corps reconfiguré. Ce solo, chorégraphié pour Eszter Salamon, qui fut notamment interprète chez Mathilde Monnier et François Verret, fut créé l'été dernier pour le Vif du sujet, en Avignon. En plein air et en matinée, le spectacle avait tendance à se diluer. La nouvelle version offre une tout autre perspective, permettant de suivre de près Eszter Salamon et de comprendre toute la subtilité de la danse. En plongeant dans la culture populaire, elle s'empare des gestuelles qui marquent le corps occidental - de Gisèle à Madonna ou Michael Jackson.

Mais une fois ces postures intégrées, ou mises à distance, il s'agit pour la danseuse et le chorégraphe de trouver une façon d'aller d'un stéréotype à un autre. Une prouesse qui exige de l'interprète d'être à la fois complètement immergée dans le geste formaté et en même temps de trouver une issue de secours. D'hybridation en hybridation(Salamon/Madonna, Salamon/le singe, Salamon/Gisèle), de figure en figure, la jeune femme cherche et trouve l'espace qui pourrait convenir à sa propre danse. C'est somme toute son travail, mais il est ici poussé à l'extrême. Par la dissection, la désarticulation, Xavier Le Roy invite à une visite guidée au pays du corps qui profite du peu d'espace de liberté qui lui est autorisé entre deux attitudes.
Face B. Pour mieux le faire, il offre la face B de Giszelle, Matériaux recyclés pour en faire un programme d'une durée annoncée (ou Parties que nous avions prévu de ne pas montrer, ou la Poubelle de Giszelle, ou Le spectacle auquel vous auriez pu échapper). Une pièce en écho malin à la première, travaillée à partir de toutes les matières non retenues de la face A. A voir ces déchets (sacs, béquilles, sons...) recyclés avec humour, on comprend mieux pourquoi Giszelle est limpide, ayant rejeté toute banalisation et toute anecdote.

Marie-Christine Vernay










p r o j e c t s
h o m e